L’art de photographier les joueurs: Matteo Bittanti et Iocose, « Game Arthritis », 2011

Peux être connaissez vous le game art. Ou peux être pas, finalement, car le terme n’est pas souvent employé dans le bon sens. Notamment dans les écoles de jeu vidéo, ou la filière « game art », définie une formation de graphiste de jeu vidéo. En réalité, le game art, c’est un terme d’art contemporain.  Un terme qui englobe toute les œuvres utilisant le jeu vidéo comme matériau ou comme sujet, par opposition à l’art game, qui va désigner des jeux crées a des fins artistiques.

Le game art peux prendre plusieurs formes: Installations (le plus souvent, car une installation est souvent participative), mais aussi vidéos, sculptures, performances… Aujourd’hui, et dans d’autres articles d’ailleurs (le monde du game art est un puits sans fond de choses absolument passionnantes, et je compte bien en parler), on va parler de photographie.

Une des tendances qui à émergé dans le domaine du game art, ces dernières années, est celle de photographier des joueurs, principalement lors des parties. Ils le font quasiment tous pour les mêmes raisons: explorer la relation entre le virtuel et le réel, constater les différences de réactions a partir d’une même expérience, dénicher des émotions et des rictus que l’on ne trouvera que dans les parties de jeu. Et mine de rien, en plus d’être percutant voire choquant visuellement, c’est assez intéressant a étudier. Mais nous reviendrons sur les photographes de portraits de joueurs au sens pur dans des articles a venir.

La, tout de suite, maintenant, on va parler de Matteo Bittanti, Iocose, et le photographe Kenzie Burchell, les deux premiers étant des artistes assez fameux du monde du jeu vidéo. Surtout Matteo Bittanti, dont je pense reparler, tant le boulot de ce mec est cool.  En 2011, ces deux artistes réalisent une série de photographie, « Game Arthritis ». Vous êtes probablement déjà tombés dessus, car cette série à crée pas mal de réactions.

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Burchell a pris en photo Tom Bennett, Katie Bourner, Sabu Isayama, Maruen Zarino Lanni, Lauren Lapidge, Paul Speziali, Rory Thompson, Juliana Yazbeck, des joueurs atteints de pathologies dues a la pratique excessive du jeu vidéo. Sur le premier cliché, le joueur, face a l’appareil photo, neutre. Sur le second, le contrôleur, et ses conséquences sur le corps.  Mais les artistes parlent mieux que moi de leur projet.

« Les interfaces produisent des déformations sur le corps, c’est indéniable. Appelez ça la réalité du virtuel. Le jeu a de véritables conséquences physiques sur le joueur. Des recherches ont été lancées sur le sujet, mais les scientifiques ne tiennent pas à la montrer à la population. Ces pathologies, nommées « Game Arthritis » ne sont pas reconnues officiellement. La technologie endommage le corps. Les doigts, les yeux, les bras, les postures. Les « Game Arthritis » ne sont pas supposées exister.

Les éditeurs de jeux, l’industrie ne veut pas en parler.

Les médecins et les dermatologues ne veut pas en parler.

Les labos refusent de s’y pencher.

Et pourtant des centaines de joueurs souffrent du même problème. »

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Bon, qu’en tirer, de ce texte et de ces photos?  Déjà, d’un point de vue purement médical, et pratique, pas mal de choses, car chaque cas est accompagné d’un texte et de radiographies du patient, expliquant comment et pourquoi les déformations apparaissent. Je vous conseille d’aller y jeter un coup d’œil. Ensuite, ces photos témoignent de la non considération assez grave du jeu vidéo par les institutions. Car si personne ne veut s’y pencher sérieusement, c’est qu’il y a un problème quelque part. Que le média soit reconnu ou non, c’est assez grave que l’on laisse des joueurs développer des déformations corporelles pareilles, sans les en informer, ni leur fournir des solutions de soin. Parcque ce n’est « que du jeu vidéo ». C’est assez inquiétant de voir une telle passivité, une telle ignorance de ces problèmes, quand on voit la conséquences sur les êtres.  « Game Arthritis » renvoie aussi a beaucoup de thématiques, comme l’influence du virtuel sur le réel, ou simplement le rapport a la machine.  

Ah, et toutes les photos sont factices. Impressionnant, non? Prenez le dernier paragraphe au conditionnel, dès lors.

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4 réponses à “L’art de photographier les joueurs: Matteo Bittanti et Iocose, « Game Arthritis », 2011

  1. Rappelons quand même que ce projet (si je me rappelle bien) est un projet artistique, que les pathologies et les patients sont faux. Ceci dit, ça pose de très bonnes questions !

    • Effectivement, merci pour la remarque ^^
      J’avais pas remarqué, honte à moi (ce qui prouve aussi que les photos font leur effet).

  2. J’allais dire: « mais faut jouer combien d’heure pou en arriver là? @_@ » Le problème c’est que si nous on arrive pas à faire la différence, je vois bien des « super journaux » comme Fox News utiliser les photos de travers…

  3. Pas de soucis, j’avais failli tomber dans le panneau aussi à l’époque quand en découvrant ces photos. Elles sont bluffantes et tout le projet autour est crée pour semer le doute. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont bien réussi leur coup ^^
    Ceci dit, on sait d’ores et déjà qu’il existe des pathologies tout à fait typiques liées à certaines activités informatiques. Peut être les verra t-on apparaître dans les maladies professionnelles dans quelques années !

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