Only God Forgives. Je. Heu. Ok. Ça déchire.

Hier soir je me suis fait une petite série des films de Winding Refn, parcque j’avais adoré Valhalla Rising. Un film, que j’avais trouvé brillant dans sa maîtrise du rythme, sa gestion du silence, et puis surtout ses idées visuelles incroyables, qui m’ont hypnotisés durant tout le film. J’ai lancé Drive, et j’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans Valhalla, transposé dans un univers contemporain, ce qui rend la chose totalement différente finalement. J’écrirais un truc plus développé dessus à l’occasion, mais tout ça pour dire que j’ai adoré Drive. Et donc j’étais un peu anxieux avant de lancer Only God Forgives, un film que je connaissais pour la polémique qu’il avait crée. Il a été sifflé, il à énormément divisé les spectateurs. Mais voila, ayant vu ces deux films de Winding Refn et les ayant aimé, je ne pouvais qu’être excité par la proposition d’Only God Forgives. Je vais essayer de m’exprimer correctement, et si j’y arrive, tant mieux.

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J’imagine que vous connaissez déjà le film, mais je vais quand même faire un petit rappel de l’histoire. Billy et Julian sont deux frères américains, patrons d’un club de boxe, en Thailande. A Bangkok, plus précisemment. Même si on s’en fout un peu, au final, que ce soit a Bangkok ou dans une autre ville Thailandaise. Ce club leur sert en fait de couverture pour leur trafic de drogue. Un soir, Billy, qui est un personnage complètement taré, éclate la tronche d’un serveur, puis viole et assassine un jeune fille de 16 ans. Il est lui aussi assassiné, par le père de la jeune fille, qui a profité de l’aide d’un flic, Chang. C’est à ce moment la que la mère de Julian débarque, et lui ordonne de venger son frère en massacrant allègrement les responsables de sa mort. Bon. Cool. Ça à l’air joyeux tout ça.

Only God Forgives 2

J’ai adoré Only God Forgives avant toute chose pour son visuel. Au bout de 20 mn, j’étais déjà devant mon écran à me dire que c’était fantastique. C’est un film qui est puissant, et puissant à tous les points de vue. On a des les premières minutes, tout ce qui fait la force des images, d’OGF. On a cette précision fantastique du cadrage, ce jeu des couleurs, et une maitrise de l’espace impressionnante. OGF, c’est un film, qui pendant 1h30, m’a, comme les deux autres films de Refn, totalement hypnotisé, totalement emporté avec lui dans son univers sous acides. Le jeu sur les couleurs, donc. Valhalla était gris, morne, terne, et Drive était un peu le même genre, utilisant la ville pour distiller des éclairs colorés pour exprimer la violence et casser la monotonie. Only God Forgives, lui, est complètement saturé, tout en contrastes, et chaque plan est alloué à sa couleur dominante, en fonction du sens que l’on veut donner à ce plan. Alors faut pas non plus partir dans des considérations ultras symboliques, et quand j’ai regardé le film, j’ai pas cherché a comprendre la symbolique de chaque plan, et de la rattacher à la psyché du personnage. Parce qu’au fond je m’en fout, parce que j’ai arrêté d’essayer de comprendre ce qu’on me racontait et de chercher des explications logiques à tout ce que l’on me montre. Bref, on a des couleurs qui agressent, qui transmettent la violence de l’univers, la violence des actions. Et tout ça est encore plus mis en valeur par les cadrages, et la manipulation ultra précise des espaces. Qui se fait a plusieurs niveaux. Tout d’abord, ces cadrages ultra symétriques, qu’on va retrouver un nombre de fois incalculables. C’est un peu caricatural, mais mis avec la précision du décor, la précision du placement des objet et le jeu des lumières ça fonctionne à chaque fois. Je pense par exemple au plan sur la mère de Julian, pendant la scène de repas. Mais y’a pas que ça, y’a les scènes d’extérieurs, avec un placement des personnages nickel, et surtout, les scènes dans les maisons, ou entre les maisons, ou y’a tout un jeu sur les murs, sur leur épaisseur, sur leur placement, sur l’encadrement des portes, qui va découper l’écran pour isoler, ou rassembler des personnages. Et l’utilisation du noir qui orienter le regard vers ce qu’on veut te montrer. Et quand c’est pas le décor qu’est rigide, ce sont les personnages qui a travers la puissance des regards, la lenteur des mouvements, les trajectoires (et je pense particulièrement à la scène d’entrainement de Chang, en extérieur), qui vont vous hypnotiser. Avec une bande son de fou, aussi. On a des figures qui sont toujours seules avec elles mêmes, qui même dans des décors peuplés, ne voient rien, ne sont jamais en relation avec les autres. Tout ça baigne dans une atmosphère onirique, presque infernale, en fait, et comme dans Valhalla, on arrive pas vraiment a savoir si on assiste à un délire mental, tant tout le silence, tout le vide montré est cassé par des actes de violence énormes. Je sais pas pourquoi, je dit peut être une énorme connerie, amis cette alternance entre le silence, le calme, et une violence quasi mécanique m’a rappelé ce que j’avais ressenti devant les scènes de combat de Ghost In The Shell 2.

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J’ai pas envie de partir sur les interprétations des rapports de tel perso à tel perso, du rôle de Chang comme être mystique, de cette mère complètement folle qui écrase son fils et qui va même jusqu’a comparer la taille des sexes des deux frères, ou de Gosling qui nous refait son jeu silencieux, qui est peux être un peu prétentieux mais qu’il maîtrise parfaitement. Tout simplement car comme je le disais, j’ai abandonné le sens, pour ne voir en Only God Forgives qu’une oeuvre visuelle et sensorielle incroyable. Qu’une oeuvre qui te rappelles que le cinéma c’est un art de l’image avant d’être un art de la narration. Je pense que c’est un film qu’on pourrai regarder sans les dialogues, et ça aurait la même puissance. Bref, j’ai pris une baffe, j’ai adoré, et maintenant je vais aller mater Bronson et Pusher.

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Et comme il y aussi plein de gens qui disent des trucs intéressants sur Only God Forgives, je vous renvoie a trois autres critiques que je trouve très justes:

Celle de Nemesis: http://h2g3.wordpress.com/2013/08/12/only-god-forgives-nicolas-winding-refn-2013/

Celle de Noiraude:  http://www.gameblog.fr/blogs/noiraude/p_92824_parlons-un-peu-d-only-god-forgives

Et la critique vidéo du fossoyeur de film:  http://www.youtube.com/watch?v=yTJ87noNmjM

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