Papo and Yo, la superbe ballade métaphorique de Quico

Papo & Yo fait partie de ces jeux qui attirent l’oeil, qui donnent envie de s’y essayer, quand on voit leurs trailers, ou qu’on entend leur pitch. Papo & Yo, c’est un jeu développé par Minority, un petit studio dirigé par le game designer colombien Vander Caballero. Sorti le 14 aout 2012 sur PS3, il à bénéficié d’un portage sur PC en avril 2013. Pour notre,  ou en tous les cas mon plus grand bonheur.

Avant de continuer la lecture de cette critique, je vous conseille de jeter un coup d’oeil a ce trailer.

Vous contrôlez donc Quico, un petit garçon brésilien, en uniforme d’écolier. Il est accompagné par Lula, un petit robot disposant de plusieurs capacités, comme activer des boutons a distance ou permettre au héros de planer un court instant pour prolonger ses sauts. On se retrouve alors en face d’un pur jeu de plateforme réflexion. Et jusqu’a la découverte du monstre, on ne trouve pas vraiment d’originalité. Car oui, il y a un monstre, et ce sera le centre du jeu. Ce monstre,  pataud, lourd, affamé en permanence, n’est attiré que par deux choses. Les noix de coco et les grenouilles venimeuses. Ces dernières sont particulièrement dangereuses, car quand Papo les mange, il devient enragé, et tente de vous courir après afin de vous blesser. Et il va falloir se servir de se monstre, pour arriver a résoudre les énigmes, avancer dans le monde, et guérir le monstre. Les énigmes prendront différentes formes. Il faudra attirer le monstre pour le piéger, ou activer des mécanismes avec le bon timing. Faire voler des maisons pour créer un pont, utiliser les grenouilles comme appât pour détourner l’attention du monstre, et actionner un mécanisme. Des puzzles pas forcément originaux ni compliqués, en somme, mais agréables, sans plus.

Peu a peu, on explore ces favelas oniriques, guidée par une jeune fille aux tatouages étranges, qui semble être la projection mentale de la soeur de Quico. Et Papo & Yo, quoi qu’on en dise, est un jeu absolument magnifique, artistiquement parlant. Si il a subi un nombre important de critiques sur sa technique ( et encore, au niveau technique, il ne s’en sort pas trop mal. On a fait plus moche que l’Unreal Engine 3, quand même), son charme est indéniable.  Minority à réussi deux choses: Rendre les favelas belles, ce qui est en soit une sacrée performance quand on connait l’horreur et la pauvreté de ces lieux, et arriver a transcrire le rêve et l’imaginaire de manière très claire dans l’univers. Tous les éléments imaginaires seront représentés dans un blanc pur, géométrique, ce qui crée un contraste absolument magnifique, comme des serpents qui s’insèrent entre les immeubles. Comme des dessins d’enfant dans sa ville, en fait, l’exemple le plus frapant étant la créature aux milles pattes. Les maisons volent, les décors, s’empilent, tournent, et la déconstruction est parfaitement maîtrisée. On se retrouve parfois comme face a des tableaux abstraits, réalisés avec des maisons brésiliennes comme formes de base. Et de nombreux panneaux ultra colorés inspirés du street art. Bref, c’est beau. Et chaque niveau est différent et possède un charme indéniable. On a vraiment l’impression de se retrouver dans l’échappatoire mental de Caballero lorsqu’il était enfant. Tout ce voyage est accompagné d’une superbe musique, composée par Brian d’Oliveira. Des notes sud américaines apaisantes, qui correspondent parfaitement a cet univers mental, ne sont jamais agressives. Les OST inspirées des musiques du monde ne sont pas légion, dans le jeu vidéo, et celle ci remplit parfaitement son rôle.

Papo & Yo est un grand jeu car il fait passer son message avec justesse. Il est explicite, mais ne nous force pas a regarder son sujet, et à devenir complètement manichéen. La narration, alternant entre séquences purement métaphoriques et flashback en noir et blanc, nous fait nous attacher très vite aux personnages. A Quico, bien entendu, à la jeune fille, mais aussi au monstre, dont les transformations rageuses expriment toujours une sorte de souffrance permanente et de non contrôle de soi.  Une idée qui se retrouve dans une superbe séquence finale, impressionnante de part sa violence. Et a la fin du jeu, au génériques, alors que ces maisons brésiliennes défilaient devant mes yeux, je me suis dit que j’était content d’avoir trouvé dans Papo and Yo autre chose que le bête jeu moralisateur que j’attendais. J’y ai trouvé une narration par les règles, une DA de folie, et une musique splendide.

Alors, oui, on pourra pester contre la facilité du jeu, et certaines animations manquantes au personnage. Mais au vu du reste, ce n’est pas très important. Je ne sais pas si il faut avoir vécu ce que subit Quico pour y être sensible. Il est de ces jeux qui vous marquent en fonction de votre vécu, et Papo & Yo fait partie de ceux la.

Le jeu est souvent en solde, que ce soit sur le humble store ou steam, alors tentez l’aventure.

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2 réponses à “Papo and Yo, la superbe ballade métaphorique de Quico

  1. Si j’avais pas déjà des tonnes de jeux sur Steam à finir (genre Black Mesa et Psychonauts entre autres) je sauterais dessus. Les premières critiques m’avaient un peu refroidi ceci dit (ça parlait d’un gameplay pas top…bon après faut voir c’est qui les critiques mais bon -_-)

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